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    Or et métaux précieux patrimoine

    Pourquoi l’or brille-t-il en 2025 ?

    Le contexte macroéconomique actuel propulse l’or vers des niveaux historiques, avec un franchissement projeté de la barre des 3 500 dollars l’once, soit un quasi-doublement depuis début 2023. Cette performance s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs structurels.

    Parmi eux figurent une inflation mondiale persistante malgré les politiques monétaires restrictives, des tensions géopolitiques accrues entre grandes puissances et surtout des achats massifs des banques centrales, qui ont acquis plus de 1 000 tonnes d’or en 2024.

    La demande pour les ETF et ETC adossés à l’or connaît une forte accélération, avec 6,5 milliards de dollars investis en Europe cette année, illustrant un retour marqué des investisseurs institutionnels. Les investisseurs particuliers suivent la tendance, recherchant une protection contre la dévaluation monétaire et la volatilité des marchés actions.

    Cette dynamique haussière est renforcée par la raréfaction de l’offre minière, les coûts d’extraction progressant plus rapidement que la découverte de nouveaux gisements exploitables, soutenant durablement les perspectives du métal précieux.

    Comment investir dans l’or en 2025 ?

    Or physique (lingots, pièces)

    L’acquisition d’or physique demeure la forme d’investissement la plus tangible et la plus rassurante, en offrant une possession directe sans intermédiaire financier. Les lingots certifiés LBMA ainsi que les pièces d’investissement telles que le Napoléon ou le Krugerrand constituent des références reconnues mondialement, aisément négociables en période de crise.

    Cette détention physique ne génère pas de rendement mais assure une préservation de la valeur en cas de choc systémique ou d’instabilité financière majeure. Elle répond avant tout à une logique de sécurisation patrimoniale.

    Les contraintes logistiques demeurent toutefois significatives : coûts de stockage sécurisé compris entre 0,5% et 1% par an de la valeur détenue, assurance spécifique indispensable et problématiques de transport lors des transactions, nécessitant fréquemment un accompagnement professionnel.

    ETFs et ETCs (or papier)

    Les Exchange Traded Funds (ETF) et ETC démocratisent l’accès à l’or en offrant une liquidité optimale sans les contraintes liées au stockage physique. Ces véhicules cotés en Bourse répliquent le cours de l’or spot ou s’exposent à des paniers d’actions minières aurifères.

    Les ETF à réplication physique, tels que GOLD ou IAU, reposent sur un adossement réel à des lingots conservés en coffre, tandis que les ETF à réplication synthétique utilisent des instruments dérivés pour suivre la performance du métal.

    Les principaux critères de sélection portent sur les frais de gestion (TER), généralement compris entre 0,15% et 0,40% par an, la liquidité quotidienne avec des spreads réduits, ainsi que la tracking error, qui doit idéalement rester inférieure à 0,5%.

    Pour les investisseurs français, la fiscalité constitue un avantage supplémentaire lorsque certains ETF européens sont éligibles au PEA, permettant une optimisation du rendement net à long terme.

    Actions minières & ETF de mines d’or

    L’investissement dans les sociétés minières aurifères offre une exposition amplifiée aux variations du cours de l’or, grâce à un effet de levier opérationnel significatif. Les grandes capitalisations du secteur, telles que Newmont ou Barrick Gold, combinent le versement de dividendes attractifs avec une surperformance marquée lors des phases haussières du métal précieux.

    Les ETF sectoriels spécialisés illustrent cette dynamique : GDX (grandes capitalisations), GDXJ (juniors) ou RING (exposition globale) affichent en 2025 des performances comprises entre +30% et +33%, nettement supérieures à celles des ETF adossés à l’or physique tels que GLD ou IAU.

    Une rotation stratégique entre des ETF équilibrés combinant 50% d’or physique et 50% de minières, et des positions plus offensives 100% minières, permet d’ajuster finement l’exposition en fonction des cycles de marché et du profil de risque de l’investisseur.

    Fiscalité des plus-values en France

    L’investissement dans l’or bénéficie en France d’un régime fiscal spécifique, avec une exonération totale de TVA sur l’or d’investissement depuis 2000, contrairement aux autres métaux précieux soumis à une TVA de 20%.

    Lors de la revente, deux options fiscales s’offrent à l’investisseur, le choix devant être effectué au moment de la cession. La Taxe sur les Métaux Précieux (TMP) applique un taux forfaitaire de 11,5% sur le prix de vente total, incluant la CRDS de 0,5%, indépendamment de la plus-value réalisée. Cette option est adaptée aux détentions courtes, aux fortes plus-values ou en l’absence de justificatifs d’achat.

    La Taxation sur la Plus-Value réelle (TPV) impose la plus-value à 36,2%, composée de 19% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux. Son principal avantage réside dans l’abattement progressif de 5% par année de détention au-delà de la deuxième année, conduisant à une exonération totale après 22 ans.

    À titre d’exemple, pour un lingot acheté 50 000 € et revendu 80 000 € après 10 ans, la TMP entraînerait un impôt de 9 200 €, contre 6 516 € avec la TPV grâce à un abattement de 40%. La conservation des justificatifs d’achat devient donc déterminante pour optimiser la fiscalité.

    Les ETF sur l’or relèvent du régime classique des plus-values mobilières, avec application de la flat tax à 30%. Certains ETF européens éligibles au PEA bénéficient toutefois d’une exonération d’impôt après 5 ans. Les actions minières suivent également le régime des valeurs mobilières, avec la possibilité d’imputer les moins-values et, dans certains cas, de reporter l’imposition lors d’un réinvestissement.

    Une stratégie adaptée selon votre profil investisseur

    Le profil conservateur privilégiera une allocation défensive composée de 70% d’or physique pour la sécurité tangible et de 30% d’ETF à réplication physique afin de conserver une bonne liquidité. Cette approche vise avant tout une couverture contre l’inflation, sans recherche de surperformance, et s’adresse principalement aux patrimoines importants orientés vers la préservation du capital à long terme.

    Le profil équilibré optera pour une diversification plus dynamique avec 40% d’or physique, 40% d’ETF or et 20% d’actions minières de grandes capitalisations. Cette répartition permet de combiner protection patrimoniale et potentiel de croissance modéré, tout en bénéficiant de dividendes réguliers.

    L’investisseur offensif maximisera son exposition au secteur minier avec 60% d’actions minières juniors à fort potentiel, 30% d’ETF miniers à effet de levier et seulement 10% d’or physique comme ancrage sécuritaire. Cette stratégie opportuniste vise des performances élevées, pouvant atteindre +50% à +100% en phase haussière, en contrepartie d’une volatilité marquée et de drawdowns possibles de l’ordre de -30% à -40% lors des phases de correction.

    Conclusion : or, refuge ou mirage ?

    L’investissement dans les métaux précieux requiert une expertise approfondie afin d’arbitrer efficacement entre opportunités de marché et optimisation fiscale, souvent complexe. L’intervention d’un conseiller en gestion de patrimoine permet notamment d’apporter un regard objectif sur le timing d’entrée, en évitant les décisions émotionnelles prises en sommet de cycle.

    La répartition optimale entre les différents supports d’investissement dépend de nombreux paramètres : horizon de placement, capacité d’épargne, situation fiscale globale et objectifs patrimoniaux. Une approche sur mesure est indispensable pour construire une stratégie cohérente et durable.

    Genèse Patrimoine, spécialiste de la gestion de patrimoine à Annecy et Chambéry, accompagne les investisseurs savoyards dans la définition et la mise en œuvre de leur stratégie d’investissement en or. L’expertise locale permet d’identifier les solutions les plus adaptées au cadre fiscal français, d’optimiser la structuration des détentions en vue de la transmission et de coordonner les dispositifs de garde physique sécurisée avec les établissements bancaires et coffres-forts de Savoie.

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